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Petite histoire de la taxidermie

Peintures pariétales à l'intérieur d'une grotte, datées de l'an 15 000 a.v. J-C
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Les fresques du paléolithique, qui représentent presque exclusivement des animaux,
sont les plus anciennes expressions artistiques connues de l'homme. Inspirées
du rêve ou de l'espoir du chasseur, du besoin de matérialiser les récits de
chasse ou encore pour des rituels quelconque, ces fresques témoignent
sans aucun doute de la fascination que suscitaient les animaux pour ces anciens hommes.
L'intérêt que porte l'homme d'aujourd'hui pour les arts animaliers n'aurait-il
pas comme origine celui qu'avaient nos lointains ancêtres d'il y a plus de 30 000 ans?
La taxidermie a une histoire et son origine remonte probablement au XVII siècle où
des riches collectionneurs et savants exposaient leurs spécimens dans des cabinets de curiosité.

Cabinet de curiosité du museo di Ferrante Imperato (1672)
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Toutefois, les protocoles de base de la taxidermie, comme on les connaît aujourd'hui, ont vraiment
fait leur apparition durant la fin du XIII et le début du XIX siècle avec l'arrivée de la
zoologie descriptive qui cherchait à définir un système de classification des êtres vivants.
La taxidermie était alors un moyen de conservation des spécimens afin d'en faire des
documents matériels. Les techniques étaient peu élaborées et le souci des détails
dans la représentation de l'animal était tout aussi peu rigoureux.
Il a fallu attendre le milieu du XIX siècle avant que la taxidermie se démocratise et que les taxidermistes
ouvrent leur service au public, ce qui semble avoir motivé l'évolution des techniques.
Cette époque coïncidait avec le mouvement romantique et les taxidermistes, comme les
artistes qui leurs étaient contemporains, furent inspirés par les récits rapportés
par les voyageurs naturalistes. Leurs montages exhibaient des fauves aux allures
désinvoltes et expressives qui témoignaient bien du rapport entre l'animal et les
hommes de cette époque.
Plus tard, durant la première moitié du XX siècle, les
musées, et en particulier aux États-Unis, repensent leur présentation encyclopédique,
et l'arrivée des concepts écologiques encouragent les musées à adopter une vocation
éducative tournée vers le divertissement. Ils ont donc recherché à présenter des
reconstitutions des écosystèmes naturels. C'était la mode des dioramas où l'on peignait
les paysages du milieu naturel des espèces exposées sur un arrière fond concave.
D'un autre coté, les taxidermistes ne cessèrent d'améliorer leurs recherches et
techniques. Aujourd'hui, certains taxidermistes libérés des contraintes de la
production commerciale voient dans leurs montages beaucoup plus qu'une simple
représentation du vivant et ils ont développé une sensibilité toute particulière
pour l'esthétisme animal qu'ils veulent ainsi faire partager. D'autres imaginent
des mises en scène évocatrices interpellant le public à faire une expérience
émotive et d'autres encore, explorent des concepts beaucoup plus engagés et intègrent
leurs pièces dans un discours qui dépasse largement les représentations classiques.
En fait, l'histoire de la taxidermie, que ce soit au musée ou celle des artisans,
ne peut être dissociée du rapport qu'entretient l'homme avec les animaux sauvages.
Ces spécimens ont une grande valeur et doivent être considérés comme
témoignage et mémoire matérielle à léguer aux générations futures.
Référence :
Bergot S. Art et taxidermie : un jeu de connivences. La Lettre de l'OCIM, no Hors-série, Taxidermie, décembre 2002. pp.77 à 80.
Péquignot A. La taxidermie dans l'histoire des musées d'histoire naturelle. La Lettre de l'OCIM, no Hors-série, Taxidermie, décembre 2002. pp.35 à 41
Wonders K. Exibithing Fauna-From Spectacle to Habitait Group, Curator, vol. 32, no2,1989, pp.131-155.
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